[VIDÉO] Le Moulin: marionnettes ou pantins?

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[VIDÉO] Le Moulin: marionnettes ou pantins?

«Marionnettes ou pantins?» est un court-métrage réalisé par Farhan Bolbol et l’équipe des personnes accompagnées de l’atelier Communication par l’image du Service d’accueil de jour Le Moulin.

Il présente ici son rapport d’étonnement dans le cadre de sa formation d’Accompagnant éducatif et social et de son stage effectué lors du premier confinement. Dans son écrit, il va plus loin dans son positionnement en faisant un parallèle entre la révolution syrienne, dans son pays do’rigine, et la crise sanitaire liée au Covid-19 en France.

Farhan Bolbol invite avec humour le spectateur à s’interroger sur son «étonnement» et à s’étonner avec une candeur toute enfantine!

Réalisation des marionnettes ou pantins. Brice Gottelmann, Elsa Kauffmann, Esen Cerrah, Françoise Schwoerer, Quentin Spatz, Sabrina Louis, Stéphane Kohler, Valentine Laurent.

Prise d’image. Cédric Heinrich, Maurice Dussourt.

Mise en mouvement des saynètes par l’équipe éducative. Clémentine Balzinger, Vincent Claudel, Laetitia Deiber, Marion Dorgler, Sarah Guntz, Bernadette Hihn, Rodolphe Louis, Guy Rieffel, Angeline Reinke, Virginie Schaeffer, Gilles Wilhelm, Agnès Windholtz et Elodie Place, stagiaire AES (Accompagnant éducatif et social).

Préface. Angeline Reinke

 


Propos d’auteur

Bonjour, je m’appelle Farhan. Farhan, ça signifie «content» en arabe. Je ne sais pas si le prénom affecte la vie de celui qui le porte, mais me concernant, je sais que j’aime sourire.

J’aime sourire aux gens et j’aime voir le sourire sur le visage de ceux que je croise.

Mais aujourd’hui, la situation a changé et je ne peux plus montrer mon sourire ni admirer celui des autres depuis que l’on porte des masques.

Je viens de la Syrie. Là-bas, c’est la dictature. C’est pourquoi nous avons fait une révolution en 2011.

Pendant la révolution, j’ai vécu diverses expériences. Au début, j’ai vu l’unité d’un peuple, car nous avions tous un but commun. Nous avons cassé les barrières de la peur et nous nous sommes unis. Ensemble, nous avons agi, j’ai vu le résultat de la solidarité.

Après quelques années, j’ai malheureusement vu comment la dictature de mon pays, aidé par d’autres puissances dans le monde, a semé la peur dans le cœur du peuple afin de mieux nous diviser et par conséquent, mieux nous affaiblir. J’ai vu le résultat de la peur et de la division.

Est-ce que la peur justifie qu’on confisque la liberté des autres? Est-ce que la peur justifie la maltraitance? Est-ce que la peur justifie l’égoïsme? Le manque d’humanité? La fin justifie-t-elle les moyens?

Quand la peur contrôle un groupe de personnes, leurs habitudes et leurs décisions seront impactées de façon négative. Si le problème de la Syrie est une catastrophe à l’échelle nationale, la Covid affecte le monde entier sans aucune distinction de classe sociale.

Les deux exemples sont similaires car pendant la période de confinement, on a vécu des moments de solidarité et on a vu les résultats de ces actions prenant leur source dans un élan de partage et d’entre-aide. Mais en même temps, on a vu les résultats de la peur et de la division. Et comme d’habitude, les médias ont diffusé la peur. Et cela, nous l’avons vécu en faisant tout simplement nos courses, lorsque nous avons constaté avec peur les rayons des supermarchés vides alors que nous savions tous, que si nous agissions normalement, il y en avait assez pour tout le monde.

Je n’ai pas besoin de donner d’autres exemples car on a tous vécu la même chose: la division, la contradiction et la volonté de certaines personnes de vouloir profiter de la catastrophe d’un point de vue économique et politique.

La Covid fait beaucoup de morts, les médias et les gouvernements ne cessent d’en parler comme si c’est le seul problème dans le monde qui cause des décès. Pourtant, les victimes de la pollution, des guerres, des produits chimiques, de la faim, sans parler des autres maladies sont chaque année bien plus nombreuses que celles du Covid. Mais les gouvernements ont-ils pour autant fermé les usines qui polluent nos terres? Ont-ils cessé de faire la guerre, voir stoppé tout commerces d’armes? Ont-ils fait le nécessaire pour éradiquer la faim dans le monde alors que nous, en Occident, nous jetons par millions, des denrées alimentaires?

Que ce soit la révolution syrienne ou la Covid, les deux sont des expériences que je veux garder car j’ai réalisé qu’on ne pouvait pas oublier de tels événements, malgré toute la dimension dramatique qu’ils comportent. Mais on peut voir cela comme une leçon dont il est important de se souvenir.

Je ne peux pas en dire plus car la Covid est encore présente. Mais je sais qu’on a encore le temps pour réagir.

Farhan Bolbol

PS: Cet écrit est accompagné d’une vidéo qui a été réalisée avec les personnes accompagnées et l’équipe du Service d’accueil de jour Le Moulin. Je ne donnerai pas d’explications au sujet de celle-ci car chacun est libre de l’interpréter comme il le souhaite.

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